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Ville de Bollène -  Samedi 25 Juin 2016
Un hommage posthume à l’entrepreneur Arakel Arakélian   
La fabrique de vêtements Arakélian a marqué son temps.
Son créateur donne aujourd’hui son nom à une place.
Centenaire Génocide arménien

           


L’atelier Arakélian dans les années 60 emploie
alors de nombreuses ouvrières bollénoises.

(Cliquer sur l'image pour l'agrandir)

Située en bordure de la rue de la Paix, a proximité du n° 90 qui est celui d’une ancienne fabrique de vêtements, la place de la Feuillette vient de changer de nom. Samedi dernier en fin de matinée, le dévoilement d’une plaque révélait cette nouvelle appellation : « Placette Arakel Arakélian, entrepreneur bollénois (1895-1983) ».

La foule est dense. Outre les Bollénois et leurs élus, une large communauté arménienne est venue de Marseille, Antibes, Avignon et Valence. Tous rendent hommage à la ténacité d’un rescapé du génocide arménien, puis d’un survivant de Dachau, immigré à Bollène et créateur d’une entreprise de confection vestimentaire.

Son parcours saisissant apparaît au travers des allocutions de Claude Raoux (premier adjoint), Marie-Claude Bompard (maire), Corinne Testud-Robert (conseillère départementale), Didier Parakian (petit-fils aujourd’hui adjoint au maire de Marseille), Arthur Arakélian et Suzy Parakian (frère et sœur et fils d’Arakel), et des arrière-petits-enfants de la quatrième génération. Le tout sera ponctué par la bénédiction du prêtre arménien Komitas, venu de Marseille, et une musique arménienne, jouée par un détachement du conservatoire.

      

Un visionnaire leader du blue jean

Voici la synthèse du panégyrique collectif. Arakel Arakélian fuit le génocide arménien perpétré en 1915 par les Turcs. En 1921, il arrive à Marseille et travaille dans une usine pour matériel ferroviaire. Puis il remonte la Vallée du Rhône. En 1933, c’est le coup de cœur pour Bollène, ville chrétienne où réside déjà une communauté arménienne. En visionnaire et bientôt leader du blue jean, il crée un atelier de confection de vêtements. Mais en 1944, de passage à Lyon chez un fournisseur, il est raflé par la Gestapo, torturé et déporté à Dachau. Il y reste 13 mois, échappe au four crématoire grâce à une prière arménienne qui, dira-t-il, l’a protégé.

Libéré en avril 1945 par l’armée américaine, il rentre à Bollène. Dévasté, il ne pèse plus que 37 Kg. Le Ministère des Anciens Combattants lui rend hommage par un diplôme. Il reprend son activité qui se développe avec la collaboration de ses enfants Jean, Suzy et Arthur.


Cérémonie en présence des Familles Arakélian et Parakian,
des élus et diverses personnalités.

     


Dévoilement de la plaque

Le label New jean

L’économie bollénoise en bénéfice, de nombreuses ouvrières travaillent chez Arakélian qui, entre autres, habille les corps constitués tels que les sapeurs-pompiers ou les fanfares. Deux boutiques de prêt-à-porter sont créées à Bollène tVaja) et Orange (Gérard et Suzy). Dans les années 60, les fils Jean (aujourd’hui disparu) et Arthur prennent la relève. Le label « New jean » fait un tabac. Jean quitte Bollène et crée sa propre affaire à Avignon. Arthur poursuit seul la sienne à Bollène. Les années 80 sont celles de la régression. L’atelier ferme en 1988.

Presque trois décennies plus tard, Bollène se souvient toujours, au point de graver l’empreinte d’un de ses fils adoptifs sur une place qui porte son nom. D’où l’infinie gratitude des familles Arakélian et Parakian, associées au destin des Bollénois.

Un extraordinaire buffet à l’hôtel de ville, avec d’excellentes spécialités arméniennes arrosées de champagne, a conclu cet épisode qui a fait dire à Madame le maire : « Les Bollénois ont accueilli des familles arméniennes, l’assimilation s’est faite sans voitures brûlées, sans pression communautaire, ni atteinte au mode de vie des Français. » Précisément, le cas pourtant difficile d’Arakel Arakélian reste un modèle d’intégration.                    J. P.

   

Le tout-Bollène, la communauté arménienne et un détachement du conservatoire sont là.
 

Bénédiction et rassemblement des proches
  
  
Suzy Parakuan                                                Arthur Arakékian                                             Didier Parakian
   

La quatrième génération                                                                                  Marie-Claude Bompard (maire)
   

Un extraordinaire buffet à l'hôtel de ville
    

Arthur Arakélian, son fils Lionel et Marie-France Nerssessian (municipalité)
   

Monsieur et Madame Arakélian...         peint par Jean Pavillet dans les années 70 (j'étais peintre à l'époque !)
    

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